Les femmes et l'entrepreneuriat en 2012 : l'état des lieux !
- 23-11-2011
- Thématique : Entreprendre, Entreprendre au féminin

1ère thèse sur les femmes et l’entrepreneuriat en France
> Une thèse de l'ESCEM
Typhaine Lebègue, docteur en sciences de gestion, professeur en entrepreneuriat et gestion des ressources humaines à l’ESCEM Ecole de Management a soutenu la première thèse sur l’entrepreneuriat au féminin en France.
Pour savoir comment les femmes entreprennent, Typhaine Lebègue est allée à la rencontre d’une centaine de femmes en France, au Canada et en Belgique. Elle en a suivi plus particulièrement une dizaine en France.

> Un état des lieux demandé par le Gouvernement
Le Gouvernement français, par la voix de son ancien Secrétaire d'État aux petites et moyennes entreprises, Hervé Novelli, avait, en 2007 et 2008, affirmé l'intérêt économique d'une politique active visant à développer l'entrepreneuriat des femmes.
Il y soulignait les écarts entre la France et d'autres pays industrialisés comme le Canada, le Royaume Uni ou encore les États-Unis où « 48 % des chefs d'entreprises sont des femmes », ajoutant que « l'entrepreneuriat féminin représente un formidable réservoir de croissance. Les femmes représentent 46% de la population active alors qu'elles ne représentent que 28% des entrepreneurs dans les TPE/PME ».
Avant de conclure : « le Gouvernement est déterminé à rattraper ce retard et à soutenir les femmes dans leur démarche entrepreneuriale. Faire progresser leur nombre, c'est contribuer à la croissance et à la création d'emplois en France ».

> Typhaine Lebègue a travaillé durant 4 ans sur le sujet
C'est donc dans ce contexte que Typhaine Lebègue a suivi le processus de création des entrepreneures en suivant, quatre années durant, une dizaine de femmes entrepreneures (cinq en projet et cinq en début de création) en France. Elle a plus particulièrement suivi leurs parcours, leurs difficultés, leurs défis, leurs doutes, leurs positionnements professionnels, leurs organisations, leurs objectifs...
Il en ressort des motivations singulières à la création : l’envie de s'épanouir personnellement, de « profiter » d'un licenciement pour rebondir professionnellement, de sortir d'un environnement non valorisant, de créer une activité à leur image, de pouvoir mieux concilier vie professionnelle et vie personnelle. Elle s’est intéressée aux critères qu'elles retiennent pour mesurer leur réussite.
Elle a également fait émerger les freins et les difficultés qu’affrontent les femmes lorsqu’elles décident de se lancer dans la création d’entreprise comme par exemple la nécessité de faire du développement commercial, d’acquérir une légitimité, de communiquer avec les banques…
Elle a également interrogé les organismes d'accompagnement de l’entrepreneuriat et les acteurs politiques.

> Les faits marquants de la thèse
Dans sa thèse, Typhaine Lebègue pointe le fait que le passage à l’acte ne concerne que bien peu de femmes alors que :
- Bien que 50 % de l'auditoire soit composé de femmes lors de réunions d’information consacrées à l’entrepreneuriat, elles ne sont finalement que 29 % à entreprendre (étude réalisée en région PACA en 2008) ;
- Les femmes occupent pourtant une place centrale dans les organisations de type associations, fondations et autres organismes faisant appel au bénévolat ;
- Ce sont les femmes qui sont les plus nombreuses à occuper des postes de salariés précaires : temps partiels (qu'il soit subi ou choisi), contrats à durée déterminée, intérim.
La thèse de Typhaine Lebègue intéresse donc autant ceux qui, au cœur de la crise actuelle, voient dans l'entrepreneuriat féminin un levier économique fondamental, que les plus sceptiques qui doutent encore de ce que l'entrepreneuriat féminin peut comporter comme spécificités.
D'une actualité brulante, cette recherche pose également les fondements d'une meilleure valorisation du rôle économique des femmes.
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